Externalisation informatique : 5 idées reçues complètement fausses

19 septembre 2018
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18 années d’enracinement dans le paysage français se sont écoulées pour le phénomène d’externalisation. Néanmoins, celui-ci véhicule encore certaines croyances qui diffèrent parfois de la logique et de la vérité. A cela s’ajoutent les échecs de certaines entreprises expatriées faute de préparations.

Mais quelles sont donc ces idées reçues ? Comment réussir à convaincre l’opinion publique sur les opportunités de l’offshore ? Car il faut bien reconnaître que quand c’est bénéfique pour l’entreprise, il le sera aussi pour les salariés, les Français et la France. Pour l’heure, revenons à ces idées reçues, cela nous permettra de mieux les combattre.

1/ L’externalisation de services constitue une menace pour l’Emploi en France

Certaines croyances affirment que l’offshore détruirait les emplois, mais il n’en est pas moins en réalité.

Syntec Numérique a annoncé en 2014 qu’il y a près de 12 000 emplois créés dans le secteur du numérique en France, contre 6 600 en 2013. Pour l’année 2016, il en existait 19 000. D’après un débat au cours de la conférence semestrielle Syntec Numérique en avril 2015, le numérique employait 365 000 salariés et prévoyait encore 35 000 recrutements pour les années à venir. Parmi ces salariés, 93,7% était en poste CDI tandis 68,9% étaient des cadres. Quant à la rémunération brute, elle atteignait la moyenne de 483 000€ pour un travail à temps plein.

L’essor de l’innovation dépasse désormais les frontières de l’Hexagone. Les compétences de certains informaticiens français sont très sollicitées partout dans le monde notamment dans la Silicon Valley. La maîtrise du numérique, des langues, la faculté d’adaptation aux fuseaux horaires et aux différences culturelles les poussent, à présent, à s’expatrier.

Par ailleurs, la flexibilité des métiers du web est la principale cause de la montée en puissance du concept de freelance. De nombreuses plateformes telles que Freelancer et oDesk permettent désormais aux informaticiens indépendants de proposer leurs services partout dans le monde.

2/ L’offshore et l’industrialisation de services ne font pas bon ménage

Il est vrai qu’en 18 ans, l’on a vu que l’informatique est passée du niveau basique à l’ère industrielle. Les prestations au forfait laissent la place à la régie ou encore les développements spécifiques se substituent à des systèmes mutualisés grâce à des logiciels personnalisés.

Pour rappel, cette fameuse industrialisation n’a pu être réalisée sans l’évolution du cloud (IaaS, SaaS, PaaS) ainsi que l’utilisation de référentiels (CMMi, Itil…); au travail en mode agile (Scrum, Kanban, XP) ou encore au recours à certains outils comme le Lean Startup ou le DevOps.

Ainsi, l’industrialisation de services et le recours à l’externalisation sont deux domaines complémentaires. Une entreprise peut parfaitement confier la gestion de son projet par un prestataire étranger. C’est dans cette collaboration que le partage de standards de qualité, processus et de méthodes reconnues mondialement entre en scène.

3/ Les coûts cachés nuisent à l’économie

Certaines entreprises s’expatrient, en effet, uniquement pour faire des économies sur leurs charges. Mais c’est de la triche qui ne fera que nuire à leur image.

Il y a coûts cachés lorsque certaines entreprises rémunèrent leurs salariés à un prix si bas que le salaire en question ne prend plus en compte les taxes locales, la conjoncture, le travail de nuit ou de weekend , les divers frais. A noter, toutefois, que la rémunération est déterminée par la qualité de la formation du collaborateur (université, institut privé, école d’ingénieur). D’après le panorama de la grille des salaires des ingénieurs par pays dressé par Offshore Développement, le salaire d’un ingénieur peut varier entre 250 euros à Madagascar jusqu’à plus de 3 500 euros aux Etats-Unis. Une fourchette qui affirme qu’une bonne compétence est cher payée.

4/ Les langues et les cultures sont des barrières à la communication

Avant de s’expatrier, les entreprises doivent savoir si les différences culturelles et linguistiques sont déterminantes. Auquel cas, elles devraient se tourner vers les pays de l’Europe de l’Est (Maghreb, Roumanie, etc.) ou l’île Maurice connue pour son bilinguisme.

Dans le domaine de l’externalisation de services, les différences culturelles ne constituent en aucun cas un obstacle à la communication. Les informaticiens issus du monde entier parlent anglais. Les grandes écoles d’ingénieurs proposent même la majorité de leurs cours en anglais. Les meilleurs fournisseurs IT sont originaires des Etats-Unis et propose la documentation technique en version anglaise.

Afin d’éviter de heurter les bonnes mœurs et la tradition des pays d’accueil, il est d’usage de reconnaitre les jours fériés et de respecter les manifestations religieuses.

5/ Le turn-over constitue un véritable frein à la montée en compétence

Dans les pays low-cost,  il faut avouer que le turn-over ou le renouvellement du personnel est une réalité. L’offshore est un secteur fort concurrentiel et le turn-over reste un phénomène normal s’il reste en dessous des 20 %.

Quant au souci de pérennisation du savoir-faire dû à un taux de turn-over élevé, il ne faut pas oublier que le droit du travail a tout prévu pour éviter ce genre de catastrophe. Un préavis de plusieurs mois garantit, par exemple, une meilleure passation et donc un transfert de compétence.

Etant donné l’enjeu du turn-over sur le savoir-faire, les entreprises effectuent la veille concurrentielle en plus de leurs méthodes RH.

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