Donner à voir pour mieux recevoir : l’une des clefs du crowdfunding.

17 novembre 2018
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L’ampleur des pratiques de partage et de création directe des œuvres en ligne montre que le public a déjà évolué vers une nouvelle forme de relation aux contenus et à la culture. Pour ce public multi connecté, si la possession devient moins importante, la personnalisation, le sur-mesure, l’appropriation jouent, eux, un rôle de plus en plus grand dans des expériences médias qui remplacent la simple consommation de contenus. L’information et les médias sont (sur)abondants, le contenu brut de l’information est devenu gratuite et peut difficilement être monétisé.

Comment les impliquer ? Comment dompter cette économie du partager destructrice de valeur économique

L’art de raconter des histoires authentiques (ou storytelling) autour de la marque est un élément clé sous-exploité actuellement dans la communication des entreprises en marketing digital. Grâce à un site internet, un blog, une page marque de réseaux sociaux tels que Facebook ou LinkedIn, on peut mettre en valeur l’histoire et une success story d’une entreprise.

On peut ainsi construire, rassembler des communautés en ligne et augmenter l’impact de sa marque autour du storytelling.

John Sadowsky, dans sa thèse de doctorat, en arrivait à la conclusion que « les plus puissantes et stimulantes formes de communications sont basées sur des histoires ». Il décrit dans son récent livre : Email, social marketing and the art of storytelling que les plus grands leaders utilisent leur expérience de vie pour en faire des histoires personnelles qu’ils utilisent pour enseigner, motiver ou influencer les autres individus.

Mais ce n’est pas uniquement réservé aux grands de ce monde, mais peut être aussi employé dans différents contextes (pro ou perso).

Pourquoi raconter des histoires ?

Les histoires sont universelles, compréhensibles par tous et facilement transmissibles. Les récits donnent la possibilité de mieux déterminer qui nous sommes et notre signification dans ce monde. Elles sont nées avec la naissance de l’humanité. De même notre esprit fonctionne de manière narrative : nous classons les personnes, les objets, les faits… selon les histoires et les souvenirs que nous nous sommes forgés.

Les histoires définissent une communauté qui se retrouve autour de valeurs et d’une identité commune. Les contes et légendes racontées autrefois étaient un moyen puissant de transcender les différences des peuples et même de les unir pour des causes. La religion, par exemple, a utilisé la narration pour transmettre ses idées et des faits aux peuples.
Ces histoires déterminent et définissent hier et aujourd’hui notre comportement et nos habitudes.Parce qu’elles sont dites et répétées aux membres de la communauté et ont tendance à nous influencer de manière plus ou moins forte.

Cela se fait au niveau de la communauté, qu’elle soit réelle et avérée ou virtuelle dans le cas de Facebook, où les anecdotes racontées construisent les individus et leurs relations qui en font partie.

Comment fonctionne la « communication via le storytelling » pour le crowdfunding ?

Alors que l’individu est saturé de messages publicitaires (plus de 3 000 sont ainsi perçus par jour) et de produits dont les caractéristiques sont devenues de plus en plus proches, il apparaît difficile pour l’internaute de faire un choix.

Le communiquant souhaite alors que des notions plus abstraites telles que l’imaginaire, la sympathie, le plaisir, … prennent le pas sur la raison dans l’acte d’achat d’un bien ou d’un service.

L’exemple de la salade de pomme de terrede Zack danger est emblématique d’une petite blague qui a pris de grande proportion. Oui, 44.000 dollars. C’est le montant récolté par un habitant de Columbus, via le site de crowdfunding Kickstarter, pour financer… une salade de pommes de terre !

Le financement participatif fonctionne, on le sait, grâce au soutien qu’une communauté, plus ou
moins grande, peut apporter à un projet. Il n’y a pas de miracles, pas de millions d’internautes qui attendent de faire des dons désintéressés à tous les projets qui passent. Chacun va soutenir les projets qui lui parlent, qui font échos à ses goûts, à ses envies et qui lui ont été recommandés par sa propre communauté (amis, amis Facebook, followers Twitter etc.).

Et les milliers d’internautes qui se sont amusés à soutenir « pour le fun » la salade de patate n’étaient pas partis pour aller spontanément soutenir un autre projet dont ils se seraient détournés. Mais un grand pourcentage d’entre eux aura découvert le crowdfunding à cette occasion, et soutiendra plus tard d’autres projets, sans doute bien plus intéressants.

La saga Perúsc’est déjà 4 campagnes Ulule pour 390.000€ levés.La start-up Perús, spécialisée dans la sneaker éthique et solidaire,  a explosé ses objectifs en sachant raconter une belle histoire

 

« Le crowdfunding est un outil de prévente puissant, qui nous permet de fédérer et d’animer une communauté autour de la marque ».

Enfin,  parce que tout simplement, nous nous adressons à des humains, à des gens réels, qui souhaitent créer des liens et mieux comprendre. Et surtout parceque , lorsque vient le temps de les solliciter pour contribuer financièrement, on leur demande beaucoup : c’est très engageant pour eux de contribuer à hauteur souvent de 50 à 60 € (montant moyen d’une contribution sur une plateforme de crowdfunding français). Il nous faut être sincère et pertinent. Je vous demande ici de raconter votre histoire, mais cela ne veut pas dire que vous devez donner dans la fiction. Tenez-vous-en aux faits, dîtes la vérité en vous racontant avec respect et dignité. Si vous êtes étudiant, alors dîtes que vous êtes étudiant. Si vous êtes un artiste, qui a un boulot régulier, pour faire face aux obligations du quotidien, n’ayez pas peur d’en parler – pendant des années, je me suis présenté comme professeur le jour et entrepreneur- rêveur la nuit.

A vous de jouer, faites vivre vos projets, votre talent ne parle pas de lui-même

Par l’auteur du guide du crowdfunding et animateur du site d’informations et de conseils www.leguideducrowdfunding.com Nicolas Dehorter

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